samedi 7 février 2026

UN VILLAGE MAL DEFENDU CONTRE LES INONDATIONS

Les épisodes pluvieux intenses qui ont touché récemment le Languedoc-Roussillon invitent à s'interroger sur la protection du village par rapport aux inondations.

Ces dernières années les automnes et hivers ne se distinguaient pas, à Treilles, par une pluviosité particulièrement importante. Pourtant, certains habitants de la petite Toscane ont fait état de problèmes d'inondations si récurrents qu'ils ont rebaptisé leur lotissement « La petite Venise ».

Les anciens du village se souviennent d'événements de type tropicaux - des trombes d'eau tombant pendant plusieurs jours - qui se sont abattues sur l'Aude dans les années 70 et jusqu'au début des années 2000 : parmi les pires, citons 1978, 1986 et 1999. En septembre 1978, après 3 jours et 3 nuits de pluies diluviennes ininterrompues (une jeune conductrice de Fitou emportée avec sa voiture par un torrent d'eau et de boue), les habitants de Treilles ont constaté dans la nuit que la place de la Fontaine était noyée sous 60 cm d'eau où tanguaient quelques voitures. Au résultat, quelques dégâts matériels. La nappe s'est résorbée dans la journée lorsque la pluie a cessé. En plaine par contre, de La Palme à Port Leucate, environ 30 cm d'eau ont stagné pendant plus d'une semaine.

Il serait bien imprudent de considérer que ces épisodes, dans leur ampleur, appartiennent définitivement au passé. Le problème spécifique de Treilles est sa situation en « cuvette » dont le fond est la Place de la Fontaine. Des opérations de prévention consisteraient d'une part à canaliser les eaux vers les ruisseaux historiques et d'autre part à en réduire la vitesse d'écoulement. C'est par exemple le rôle de la chaussée-réservoir de la Petite Toscane qui débouche sur le ruisseau du Maillolet et qui, hélas, ne remplit pas sa fonction de façon satisfaisante.

Des travaux sont apparus nécessaires depuis longtemps mais, malgré les plaintes répétées des riverains, le maire ne les a pas placés parmi les priorités.

L'association « La Treilloise » est à l'initiative d'un dispositif qui n'avait pas été prévu par l'architecte responsable du lotissement. Il s'agissait de creuser au-dessus du lotissement un chemin capable de ralentir les eaux de ruissellement et surtout, de les évacuer vers l'extérieur du village, le chemin devant se prolonger jusqu'au versant ouest, en direction de Fitou. Cette proposition, faite par l'association lors de l'enquête publique, a été retenue par le commissaire enquêteur. 

En effet, la chaussée-réservoir – en supposant qu'elle fonctionne correctement – était censée protéger les habitations en aval de la rue de la Petite Toscane ; cependant, rien ne protégeait les habitations situées en amont.

Les travaux, entrepris en 2008, furent très mal conduits : en raison de la différence de niveau entre le chemin récupérateur et le chemin de la Bade qui prolonge la rue Bellevue, l'eau ne s'évacue pas à l'ouest et forme une vaste retenue dont le ruissellement se poursuit par infiltration.

Cette malfaçon n'a pas été corrigée par les travaux nécessaires alors qu'il serait possible de construire un équipement approprié.

Ces dégâts pourraient s'aggraver si le changement climatique nous fait revenir à des événements pluviaux tels que ceux qui ont eu lieu dans le passé. Pire, les projets de construction du maire augmentent le risque inondation :

  • Une salle polyvalente sur un ruisseau alors que le règlement de la zone interdit toute construction à moins de 15 mètres de celui-ci.
  • Un immeuble HLM situé majoritairement à moins de 15 mètres d'un autre ruisseau relevant du même règlement.
  • A l'entrée est du village, un lotissement dont la partie nord en forte pente, pourrait accroître considérablement le ruissellement sur le quartier des « Carignans » et le parking en contrebas.   

UNE SECURITE INCENDIE DEFAILLANTE

L'enquête publique de mars-avril 2025 liée au projet de PLU de Treilles, a permis de consulter un document très intéressant joint au dossier : il s'agit d'un courrier du Directeur départemental du SDIS* dont les services sont intervenus le 17/09/2024 pour évaluer le dispositif de défense contre les incendies. 

Au point n°2 du courrier on peut lire : Desserte par les réseaux : défense contre l'incendie.
La défense extérieure de la commune est assurée par 16 points d'eau incendie (P.E.I.) (ex. Poteau, bouche, réserve, etc...) 4 sont opérationnels, 3 sont en emploi restreint (débit < 60m3), 9 sont hors service ou non opérationnels. Il conviendra de l'améliorer sur les secteurs défaillants, notamment les écarts ne sont pas défendus correctement (Est de la commune)…

Ces observations n'ont apparemment pas retenu l'attention du maire et de son 1er adjoint – pourtant responsable du projet de PLU – et n'ont donné lieu à aucune intervention au niveau municipal.

Il a fallu qu'un collectif de citoyens distribue un flyer d'information aux Treillois pendant l'enquête publique, soit 6 mois après réception du courrier du SDIS par la mairie, pour que le maire réagisse. Il s'est adressé à BRL* pour faire vérifier le dispositif et a ensuite déclaré que le rapport de BRL contredisait en partie celui du SDIS.

Il est apparu quoiqu'il en soit que la municipalité, jusqu'à preuve du contraire (voir note en bas de page), n'a pas fait procéder à la vérification régulière du dispositif de lutte contre les incendies.

Comment cette précaution élémentaire a t-elle pu échapper à la municipalité, dans une région à risque élevé, en période de changement climatique et alors que la fréquence et la gravité des incendies sont patentes ?

Le SDIS conseillait en particulier d'améliorer la protection de secteurs défaillants comme les écarts, habitations isolées ou hameaux. Pourtant, il semble que rien n'a été entrepris pour en évaluer l'état des lieux et les moyens à mettre en œuvre.
Le point n°1 du courrier du SDIS insistait sur l'importance du maintien en bon état des voies d'accès et de leur conformité avec les véhicules de secours : nouvelle défaillance de la municipalité malgré les alertes qui lui ont été adressées.

Voir à ce sujet notre blog intitulé « Un accès pompier devenu une double-impasse » où l'on peut lire qu'un chemin, nommé « accès pompiers » et signalé comme tel, débouche sur un vaste trou et le rend impraticable à tout véhicule dans les deux sens (photo ci-dessous).

A l'avenir, une municipalité responsable devra placer l'amélioration des moyens de prévention et de lutte contre les incendies comme une de ses priorités majeures.

*SDIS : Service Départemental d'Incendie et de Secours
*BRL : Société de gestion et d'exploitation du réseau hydraulique

Etat du chemin "accès pompiers" : au niveau du ruisseau de Saint André, plus de pont mais un trou (un homme en donne l'échelle)

Note de dernière minute :

Par un courriel daté du 25 janvier 2026, nous avons demandé à M. le maire de Treilles de pouvoir consulter les documents suivants (extrait du courriel) : "[...] le diagnostic BRL sur les points d'eau incendie (P.E.I.) fait en 2025, ainsi que les diagnostics sur ces points d'eau pour les années précédentes entre 2020 et 2024. Nous souhaiterions également, si cela existe, consulter la carte du territoire de la commune de Treilles et du village sur lesquelles ces points d'eau incendie seraient indiqués".

A ce jour (05/02/26), la mairie ne nous a fait aucune réponse.

dimanche 18 janvier 2026

ELECTIONS MUNICIPALES 2026 A TREILLES : DE QUI SE MOQUE T-ON ?

En mars 2020, l'équipe municipale sortante était élue sur la base d'un programme de « Démocratie participative ». Elle a démontré depuis combien il peut y avoir loin des promesses aux réalités.

Au lendemain de l'élection, le maire Gérard LUCIEN, affirmait « qu'il ne croyait pas » à cette partie du programme et déclarait à quelques conseillers qui la défendaient, « On vous a roulés ! »


Malheureusement, les Treillois qui ont soutenu cette liste ont eux aussi été « roulés ». En effet, alors qu'il y a 6 ans, le slogan de campagne était déjà « Treilles avec vous », le mandat s'est bel est bien déroulé selon un fonctionnement relevant d'un « Treilles sans vous ». 
Nous en voulons pour preuve quelques exemples patents :
  • Dès la première réunion du conseil municipal, se prévalant de la pandémie, le maire a réclamé toutes les délégations en faisant un chantage à la démission. La période Covid passée, il a tenu à garder toutes les délégations et a ainsi pu gérer la commune de manière globalement autocratique, en particulier en matière d'urbanisation.

  • Le lancement du projet de troisième salle polyvalente s'est fait sans consultation des habitants. Il s'agit pourtant d'un investissement non prévu au programme, dont l'utilité n'a jamais été démontrée et dont le montant - plus de deux millions d'euros - nécessiterait un recours à l'emprunt (entre 700 000 et 1 million d'euros). La proposition de referendum faite par un conseiller a été rejetée et aucune réunion publique n'a été organisée.

  • L'élaboration du PLU de Treilles, a bien donné lieu à une réunion publique initiale qui en donnait les grandes lignes. Obligatoire par la procédure sous peine de nullité, mais organisée en période Covid, elle n'a eu qu'une faible audience. Une autre réunion publique s'imposait pour présenter et expliquer la finalisation d'un projet lourd de plusieurs centaines de pages à la terminologie souvent technique. Seules proposées, deux permanences de 3h. Fiasco total : 2 personnes en présentiel et 2 par téléphone. Au moment de l'enquête publique, peu de Treillois avaient donc une idée exacte du projet et de ses conséquences

  • La construction d'un immeuble HLM, actuellement en cours, appelle aussi a de sérieuses réserves. Il comprend 10 logements et un local « médical », à propos duquel la mairie ne donne pas, d'ailleurs, d'informations concrètes. Ce projet n'était pas non plus au programme de la liste « Treilles avec vous » et n'a pas fait l'objet de concertation avec les Treillois et les riverains directement impactés. Il est pourtant situé dans le périmètre du vieux village dont le maire prétend vouloir défendre le caractère. Par ailleurs, la zone choisie, classée « à topographie contraignante », soulevait de sérieuses réserves exprimées par plusieurs conseillers municipaux. En réponse, promesse leur avait été faite de respecter les règles de sécurité du RNU ; en l’occurrence, garantir une distance de 15 m entre l'immeuble et le ruisseau en bas de parcelle. Or, cette règle n'est respectée que pour 1/3 de la construction. Pour le reste, 5 m environ séparent le ruisseau de certaines parties du bâtiment. Nouvelle promesse non tenue par conséquent.

Au chapitre de cet immeuble HLM, les éléments contestables s'accumulent. Les plans d'architecte joints à la demande de permis de construire ne faisaient aucune mention des quatre habitations riveraines ni par conséquent, de leur grande proximité avec le futur immeuble. Deux de ces habitations se voient imposer, à très faible distance, un immeuble dont la façade nord, largement dotée de fenêtres, les surplombe d'une quinzaine de mètres et les prive de l'ensoleillement et de la vue dont ils bénéficiaient sur un espace arboré.

Beaux exemples de démocratie participative en vérité, que nous laissons à l'appréciation des Treillois.

vendredi 28 novembre 2025

MANOEUVRE DU 1er ADJOINT POUR SAUVER LE PROJET PERSONNEL DU MAIRE

L'un des points à l'ordre du jour du conseil municipal du 24 novembre dernier était la création d'une ligne de trésorerie pour la reprise des travaux de la troisième salle polyvalente de Treilles.

Le coût actuel - encore incomplet - de ce projet est de 2 030 913,30 € TTC.
Il manque à ce montant, l'estimation :
  • du coût de la fosse septique

  • des panneaux photovoltaïques sur le toit

  • des équipements intérieurs (tables, sièges, scène de spectacle, sonorisation, pont lumières, appareils de projections, grand écran, loges artistes équipées, etc...) sans lesquels une salle « culturelle » n'est qu'un hangar vide.

Par conséquent, le coût effectif dépassera largement les deux millions d'euros comme nous l'annoncions sur notre blog dès 2024* ce qui provoquait alors l'hilarité incrédule du maire et de son premier adjoint.

Par un « saucissonnage » des postes budgétaires et une sous-estimation du coût global, il y a eu tromperie sur la réalité de l'impact du projet sur les finances de la commune. Le coût d'un établissement recevant du public (ERP) s'entend tout compris : bâtiment, aménagements extérieurs (parkings, busage du ruisseau, enrochement, etc...) et intérieurs.

La récente séance du conseil municipal n'a pas démérité sous l'angle de l'absence de transparence et de la désinformation, tant de la part du maire que de son premier adjoint, M. Benoît VALERY.

Il était difficile pour le public présent de savoir qui était 1er adjoint et qui était maire, tant ce dernier s'effaçait, visiblement incapable de produire une argumentation.

C'est donc le premier adjoint, dans un registre extrêmement agressif qui s'est chargé pendant plus de 45 min de défendre la délibération présentée au vote des conseillers. Multipliant les digressions, les allusions à des événements passés, à la fréquence de la chute des météorites, coupant la parole aux conseillers et ne tenant aucun compte des arguments différents des siens.

L'objectif était d'obtenir le vote des conseillers pour la reprise des travaux, arrêtés pour cause d'irrégularités dans la procédure.

En conclusion, la délibération a été acceptée : six voix pour (dont 3 par procuration de conseillers absents qui n'ont donc pas participé au débat démocratique), trois abstentions (dont une par procuration) et deux voix contre.

* « Salle multimodale son coût explose » article 12 mars 2024

samedi 22 novembre 2025

UN ACCES POMPIER DEVENU UNE DOUBLE-IMPASSE



En face du lotissement Lausada II, part un chemin réservé à l'accès des pompiers. 
(photos 1 et 2)
Il rejoint un autre chemin - également destiné aux véhicules de pompiers - qui part de la zone artisanale de Petentous à l'est et longe le nord du village jusqu'au site de Linas à l'ouest.
Ces deux axes sont stratégiques pour la défense du village contre les incendies.

1- départ du chemin accès pompiers
                                                       
2- chemin vers le ruisseau Saint André

Malheureusement, par défaut d'entretien, le chemin qui part de la Lausada II, est une dangereuse impasse : le pont qui enjambait le ruisseau de Saint André a été emporté il y a quelques années, lors d'un épisode pluvieux intense. 
Le chemin débouche donc sur un vaste trou de plus d'un mètre de profondeur, environ 5m de long et 2,50m de large, infranchissable aux véhicules de pompiers. (photo 3)

3- trou au niveau du pont détruit
(échelle donnée par un adulte)

En cas d'incendie, cela peut s'avérer particulièrement problématique : dans un sens de circulation comme dans l'autre, la voie est barrée pour les véhicules pompiers et une éventuelle manœuvre de marche arrière y est très difficile.

La mairie, prévenue depuis plusieurs années, n'a jamais rien fait pour résoudre ce problème alors qu'il suffirait de buser le ruisseau à l'endroit du pont détruit.

Notons que réaliser un busage ne pose pourtant aucun problème à la mairie à en juger par celui qu'elle vient de faire poser sur le ruisseau du Matet, au city park, en prévision d'une éventuelle salle polyvalente.