Les épisodes pluvieux intenses qui ont touché récemment le Languedoc-Roussillon invitent à s'interroger sur la protection du village par rapport aux inondations.
Ces dernières années les automnes et hivers ne se distinguaient pas, à Treilles, par une pluviosité particulièrement importante. Pourtant, certains habitants de la petite Toscane ont fait état de problèmes d'inondations si récurrents qu'ils ont rebaptisé leur lotissement « La petite Venise ».
Les anciens du village se souviennent d'événements de type tropicaux - des trombes d'eau tombant pendant plusieurs jours - qui se sont abattues sur l'Aude dans les années 70 et jusqu'au début des années 2000 : parmi les pires, citons 1978, 1986 et 1999. En septembre 1978, après 3 jours et 3 nuits de pluies diluviennes ininterrompues (une jeune conductrice de Fitou emportée avec sa voiture par un torrent d'eau et de boue), les habitants de Treilles ont constaté dans la nuit que la place de la Fontaine était noyée sous 60 cm d'eau où tanguaient quelques voitures. Au résultat, quelques dégâts matériels. La nappe s'est résorbée dans la journée lorsque la pluie a cessé. En plaine par contre, de La Palme à Port Leucate, environ 30 cm d'eau ont stagné pendant plus d'une semaine.
Il serait bien imprudent de considérer que ces épisodes, dans leur ampleur, appartiennent définitivement au passé. Le problème spécifique de Treilles est sa situation en « cuvette » dont le fond est la Place de la Fontaine. Des opérations de prévention consisteraient d'une part à canaliser les eaux vers les ruisseaux historiques et d'autre part à en réduire la vitesse d'écoulement. C'est par exemple le rôle de la chaussée-réservoir de la Petite Toscane qui débouche sur le ruisseau du Maillolet et qui, hélas, ne remplit pas sa fonction de façon satisfaisante.
Des travaux sont apparus nécessaires depuis longtemps mais, malgré les plaintes répétées des riverains, le maire ne les a pas placés parmi les priorités.
L'association « La Treilloise » est à l'initiative d'un dispositif qui n'avait pas été prévu par l'architecte responsable du lotissement. Il s'agissait de creuser au-dessus du lotissement un chemin capable de ralentir les eaux de ruissellement et surtout, de les évacuer vers l'extérieur du village, le chemin devant se prolonger jusqu'au versant ouest, en direction de Fitou. Cette proposition, faite par l'association lors de l'enquête publique, a été retenue par le commissaire enquêteur.
En effet, la chaussée-réservoir – en supposant qu'elle fonctionne correctement – était censée protéger les habitations en aval de la rue de la Petite Toscane ; cependant, rien ne protégeait les habitations situées en amont.
Les travaux, entrepris en 2008, furent très mal conduits : en raison de la différence de niveau entre le chemin récupérateur et le chemin de la Bade qui prolonge la rue Bellevue, l'eau ne s'évacue pas à l'ouest et forme une vaste retenue dont le ruissellement se poursuit par infiltration.
Cette malfaçon n'a pas été corrigée par les travaux nécessaires alors qu'il serait possible de construire un équipement approprié.
Ces dégâts pourraient s'aggraver si le changement climatique nous fait revenir à des événements pluviaux tels que ceux qui ont eu lieu dans le passé. Pire, les projets de construction du maire augmentent le risque inondation :
- Une
salle polyvalente sur un ruisseau alors que le
règlement de la zone interdit toute construction à moins de 15
mètres de celui-ci.
- Un immeuble HLM situé majoritairement à moins de 15 mètres d'un autre ruisseau relevant du même règlement.
- A l'entrée est du village, un lotissement dont la partie nord en forte pente, pourrait accroître considérablement le ruissellement sur le quartier des « Carignans » et le parking en contrebas.
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