mardi 12 mars 2024

SALLE MULTIMODALE : SON COÛT EXPLOSE



La troisième salle polyvalente que Monsieur le Maire veut construire à Treilles voit son prix presque doubler par rapport à la prévision de départ. En effet, proposée en séance du Conseil Municipal en Novembre 2022 pour un coût de 660 000 € hors taxes, le maire vient, lors de la séance du 18 janvier 2024 de rectifier le coût initialement estimé.

Pour la seule construction de la salle, ce coût passerait à 1 099 535 € H.T. auquel il convient d'ajouter les honoraires de l'architecte (10 %) soit 109 953 € H.T. et donc un total (non définitif) de 1 209 438 € H.T.


De plus, ce dernier montant ne comprend pas toutes les dépenses indispensables pour livrer le bâtiment en état de fonctionnement. Les coûts supplémentaires, qui n'ont pas été budgétés ou qui n'ont pas fait l'objet d'une communication aux conseillers municipaux et au public, seront occasionnés par les éléments suivants :


    • Les travaux et fournitures pour l'installation du dispositif d'assainissement non collectif (fosse septique de 9 m3, séparateur à graisses, poste de relevage, tranchées d'épandage etc.).

    • Le raccord au réseau électrique.

    • Les panneaux photovoltaïques installés sur le toit de la salle.

    • Les aménagements intérieurs : cuisine équipée pour repas de 200 personnes, sièges, tables, pour le même nombre, scène pour les spectacles, écrans, sonorisation, projecteurs, etc.

    • Le traitement acoustique de la salle.


En l'absence de toute estimation connue du public, il convient cependant de considérer qu'un montant d'au moins 200 000 € devrait être ajouté pour faire face aux aménagements et fournitures ci-dessus. Ce qui porterait le coût pour le seul bâtiment à 1 400 000 € H.T. Voire plus, car des dépassements de budget sont à prévoir.

Par exemple, le terrain sur lequel la salle serait construite est constitué de terre rapportée et de déchets de chantier (on peut voir au bord du ruisseau qui le borde, entre autres, des débris de chaussée goudronnée). Et cela sur une hauteur, par endroit, de plus de 2 mètres ainsi que le montre la différence de niveau entre la parcelle du City park et la parcelle privée directement attenante. Les fondations doivent, ainsi qu'indiqué dans la notice du projet, être établies « au bon sol ». Ce bon sol se trouverait plus bas qu'habituellement prévu et il en découlerait, peut-être, un coût supplémentaire. Sauf, si l'architecte a bien intégré cette variable dans son estimation. Dans tous les cas, le dossier de permis de construire ne fait pas du tout état d'une étude de sol. Ce qui aurait été utile car il y a une présomption de nappe phréatique puisqu'un puits, à usage de potager, se trouve sur la parcelle privée directement attenante.


Mais il convient aussi d'ajouter, au titre du financement de ce projet, les travaux concernant les abords de la salle. Celle-ci étant un E.R.P (Établissement Recevant du Public), un parking, proportionné à la capacité d'accueil de la salle, est obligatoire. Il a été prévu pour 51 places (dont 35 équipées d'ombrières photovoltaïques). L'architecte avait estimé initialement pour l'ensemble des abords (parkings, espaces piétonniers, voies de circulation des véhicules, parapets etc.) un coût de 528 000 € H.T. Cela semblait cher, sauf si l'on considérait que l'emplacement retenu initialement pour le parking de 35 places avec ombrières nécessitait un terrassement d'environ 1 000 m² dans une zone densément plantée d'arbres de bonne taille et d'arbustes qui devaient être arrachés. Mais aussi, ce parking étant une enclave dans un massif densément végétalisé, un débroussaillage annuel sur 50 mètres alentour (soit sur plus de 3500 m²) était nécessaire en raison des risques d'incendie.

Précédemment, dans un article sur ce blog (voir l'article archivé intitulé «Une salle multimodale écologique ? ») nous avions exprimé de très sérieuses réserves sur cet emplacement du parking (l'arasement de plusieurs centaines d'arbres et d'arbustes, risques d'incendie etc.)... Sans être entendus. (Voir ci-dessous les photos de face et de profil du site qui avait été retenu pour le parking de 35 places).


                 Emplacement parking de profil (partiel) - cela s'étend sur 50 mètres



                                                    Emplacement parking de face


Il a fallu qu'un responsable de la D.D.T.M. (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) vienne se rendre compte sur place pour que le maire réalise qu'il y avait des « contraintes énormes » pour cet emplacement du parking. Suite à une question d'une conseillère municipale, le maire a annoncé que le parking ne serait plus à cet endroit et qu'une réunion de travail préciserait le nouvel emplacement. En assurant, à l'avance, que le parking ne coûterait rien car « c'est le SYADEN (Syndicat Audois d’Énergies et du Numérique)  qui fournit et installe les ombrières photovoltaïques» et en précisant que les voitures se « gareraient sur de la terre battue ».

Dans l'attente de cette réunion de travail on peut s'interroger  en s'appuyant sur le plan de stationnement initial :

Pour le changement d'emplacement la seule possibilité, semble-t-il, c'est que le parking de 35 places vienne s'ajouter sur la parcelle où 16 places de parking figurent déjà. Cela paraît très étroit car il y a lieu de prévoir, en plus des ombrières, les voies de circulation des véhicules et les voies piétonnières.

L'arrière de la salle et probablement une petite partie du parking, enjambant un ruisseau qui se trouve en bordure de la parcelle, il est prévu d'en demander l'autorisation. Ce qui suppose la pose de buses (tuyaux de grande taille) sur une cinquantaine de mètres pour ne pas interrompre l'écoulement des eaux. Ce qui aura un coût auquel il faudra peut-être ajouter encore la construction d'un enrochement à la limite de la parcelle privée attenante pour éviter d'éventuels glissements de terrain si les violents épisodes pluvieux que nous avons connus se produisaient à nouveau. Mais aussi, un parapet entre le parking et la parcelle privée attenante dont le sol se trouve par endroit à plus de deux mètres en-dessous.


Tout cela mériterait d'être évalué pour savoir quel engagement d'argent public serait nécessaire.



1 commentaire:

  1. Madame Mariette GERBER, première adjointe au Conseil municipal de Treilles nous prie de publier sur le blog le commentaire suivant :

    Merci  pour la communication de cet article du blog permettant ainsi de recadrer certains aspects
    Rappelons tout d'abord que ce projet est intercommunal ce qui, outre un interessant aspect de partage avec la commune de Caves , permet d'une part de renforcer les liens historiques de proximité que les 2 communes s'attachent à faire revivre, et d'autre part l'octroi de subventions du Grd Narbonne.
    Par ailleurs certains éléments de ton énoncé des coûts sont erronés:
    - la production des photovoltaïques assurera le consommation de lu'sage de la Salle., Le Syaden fournira les panneaux photovoltaïques, ajoutant même à cela sa participation à la construction du toit de la salle
    -le sol restera tel quel  (pas d'artificialisation supplémentaire),de façon à assurer sa perméabilité aux éventuelles pluies.
    -la commune s'engage à replanter et même planter par exemple autour du cil park
    -la présomption de nappe phréatique  ne peut s'appuyer sur "le puit voisin" qui est en fait un forage de 80mètres
    Mariette GERBER

    Réponse Blog Treilloise
    Merci pour votre commentaire. Concernant le caractère intercommunal du projet "salle multimodale", à aucun moment le conseil municipal de Treilles qui devrait en être le premier averti n'a été informé de ce changement substantiel de destination. Il n'y a eu aucun ordre du jour en faisant état et encore moins de délibération l'approuvant. Présentement la situation officielle de ce projet est basée sur un permis de construire qui ne fait aucun état d'une intercommunalité avec Caves. La notice détaillée du projet qui est  associée à ce permis n'en parle pas davantage. Les demandes de subventions qui ont été faites l'ont été par et pour la commune de Treilles.
    Quel que soit le partage des coûts rien n'empêche d'en établir le montant total. Et, il ne faut pas oublier que le SYADEN fonctionne également avec des fonds publics et qu'en conséquence les coûts qu'il prendrait en compte sont bien à ajouter à ceux de la salle. Enfin, concernant le parking, on ne sait toujours pas où il prendra place et quel sera le coût engendré par son emplacement.
    Toutes ces imprécisions pour un projet d'un montant considérable ont pour conséquence un déficit d'information pour le public tout à fait préjudiciable. Notamment à un moment où l’État et les collectivités sont face à de graves problèmes de financement qui entraînent des choix difficiles.
    On peut aussi regretter que le permis de construire obtenu et mis en consultation pour le public le 2 janvier de cette année fait état d'un parking en pleine zone boisée, négligeant ainsi toutes préoccupations écologiques (sans parler du coût financier).

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